Le guide
Dépistages & bilans

Calendrier des vaccinations de l'adulte : quels rappels, à quel âge

Rappel dTP-coqueluche à 25, 45 et 65 ans, vaccins réellement obligatoires, pneumocoque et zona après 65 ans : le calendrier vaccinal de l'adulte, âge par âge.

Calendrier des vaccinations de l'adulte : quels rappels, à quel âge

L'essentiel

  • Le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite (dTcaP) se fait à 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les 10 ans après 65 ans
  • Il n'existe pas de vaccin obligatoire pour l'ensemble des adultes en population générale : les obligations concernent les nourrissons et certaines professions
  • À partir de 65 ans, le calendrier s'enrichit : grippe et Covid-19 chaque année, pneumocoque en dose unique, zona en 2 doses
  • La plupart des vaccins du calendrier sont remboursés à 65 % sur prescription, la grippe et le Covid-19 à 100 % pour les personnes ciblées
  • Chez les personnes de 65 ans, une seule sur deux est correctement vaccinée contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, ou contre la grippe

À l'âge adulte, le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite (dTcaP) se fait à 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les 10 ans au-delà. À partir de 65 ans, le calendrier vaccinal s'élargit avec la grippe et le Covid-19 chaque année, une dose de vaccin contre le pneumocoque et deux doses contre le zona. Voici, âge par âge, ce que recommande le calendrier vaccinal et ce qui est pris en charge.

Le calendrier vaccinal de l'adulte, en un coup d'œil

Chaque année, le ministère chargé de la santé publie, après avis de la Haute Autorité de santé (HAS), un calendrier des vaccinations qui fixe les vaccinations obligatoires ou recommandées aux personnes résidant en France, en fonction de leur âge. Ce calendrier n'est pas figé : le calendrier vaccinal 2026 a par exemple élargi le rattrapage contre les infections à papillomavirus humains (HPV) aux jeunes femmes et aux jeunes hommes non vaccinés à l'adolescence, jusqu'à 26 ans révolus, et généralisé la vaccination contre le pneumocoque à l'ensemble des personnes de 65 ans et plus.

Pour un adulte sans situation particulière (pas de grossesse, pas de maladie chronique, pas de profession exposée), trois repères suffisent à retenir l'essentiel : le rappel dTcaP tous les 20 ans jusqu'à 65 ans puis tous les 10 ans, l'entrée dans un calendrier renforcé à partir de 65 ans, et la possibilité de rattraper à tout moment un vaccin manqué sans reprendre le schéma à zéro. Pour une vue d'ensemble des autres rendez-vous de prévention proposés selon l'âge, la page Dépistages & bilans regroupe l'ensemble des programmes nationaux, dépistages compris.

Existe-t-il des vaccins obligatoires pour les adultes ?

Le terme « vaccin obligatoire » prête à confusion chez l'adulte. Les onze vaccinations obligatoires actuellement en vigueur en France (diphtérie, tétanos, poliomyélite, Haemophilus influenzae B, coqueluche, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, méningocoques ACWY et méningocoque B) concernent les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, dans les 18 premiers mois de leur vie, et conditionnent l'admission en crèche ou à l'école. Pour la population adulte générale, en revanche, aucun de ces vaccins n'est une obligation légale : ce sont des rappels recommandés.

Il existe toutefois des obligations qui touchent certains adultes dans des situations précises. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les résidents de Guyane âgés de plus de 12 mois et pour toute personne y séjournant. La vaccination contre les méningocoques ACWY est obligatoire pour les pèlerins se rendant à La Mecque. Et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 instaure une obligation d'immunisation contre la rougeole pour les professionnels et les étudiants des secteurs sanitaire et médico-social, ainsi que pour les professionnels de la petite enfance, à leur entrée en formation ou en fonction.

!

À savoir

Un vaccin « recommandé » n'est pas moins important qu'un vaccin « obligatoire ». La distinction relève du droit, pas de l'utilité médicale : les vaccinations recommandées protègent tout autant contre des maladies qui peuvent être graves, y compris à l'âge adulte.

Le rappel dTP-coqueluche : à 25, 45, 65 ans, puis tous les 10 ans

Le socle du calendrier vaccinal adulte, ce sont les rappels contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, réalisés avec un vaccin tétravalent (dTcaP). Pour les enfants, adolescents et les adultes, un rappel dTP-coqueluche est nécessaire à 6 ans, 11-13 ans, à 25 ans, à 45 ans, 65 ans, puis tous les 10 ans à partir de 65 ans. À l'âge adulte, les rappels se font donc tous les 20 ans aux âges fixes de 25 ans, 45 ans et 65 ans ; à partir de 65 ans, leur fréquence passe à 10 ans en raison de l'immunosénescence, ce déclin progressif de la réponse immunitaire lié à l'âge.

Pourquoi ce rythme particulier ?

La protection conférée par le vaccin dure au moins vingt ans jusqu'à 65 ans, moins longtemps au-delà, ce qui justifie le resserrement des rappels après cet âge. Le tétanos reste la maladie la plus sensible à ce relâchement : entre 2012 et 2021, les personnes de 70 ans et plus représentaient 71 % des cas déclarés en France, et les femmes, moins bien protégées, 66 % des cas. La bactérie responsable vit dans l'environnement (sol, poussière) et pénètre par une plaie, même minime : contrairement à la coqueluche ou à la diphtérie, le tétanos n'est pas contagieux, la protection individuelle par le vaccin est donc la seule prévention possible.

Que faire en cas de rappel oublié ?

Avoir manqué un rappel ne signifie pas qu'il faille reprendre toute la vaccination depuis le début. La vaccination peut être reprise au stade où elle a été interrompue, ce que l'on appelle le rattrapage vaccinal. Il suffit de consulter son médecin traitant, un pharmacien ou un infirmier, muni de son carnet de vaccination ou de son carnet de santé numérique, pour faire le point et reprendre le calendrier là où il s'est arrêté, en respectant les délais minimaux entre les injections.

Après 65 ans, le calendrier vaccinal s'élargit

Le passage à 65 ans marque un tournant du calendrier vaccinal : en plus du rappel dTP-coqueluche décennal, plusieurs vaccinations deviennent recommandées à cet âge, en réponse à l'augmentation du risque infectieux et à l'affaiblissement de la réponse immunitaire.

VaccinRecommandation à partir de 65 ansSchéma
Grippe saisonnièreToutes les personnes de 65 ans et plus, chaque année1 dose par an, dose renforcée ou adjuvantée privilégiée depuis 2026
Covid-19Toutes les personnes de 65 ans et plus, chaque automne1 dose par an, dose supplémentaire au printemps pour les 80 ans et plus
PneumocoqueToutes les personnes de 65 ans et plus, depuis avril 20251 dose unique (Prevenar 20 ou Capvaxive)
ZonaAdultes immunocompétents de 65 ans et plus2 doses de Shingrix à 2 mois d'intervalle
VRS (bronchiolite de l'adulte)75 ans et plus ; 65-74 ans avec pathologie respiratoire ou cardiaque chronique1 dose, pas de rappel établi à ce jour

Grippe : la vaccination la plus ancienne, la couverture la plus fragile

La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée tous les ans pour les personnes de 65 ans et plus. Elle peut être réalisée en même temps que la vaccination contre le Covid-19. Pour la saison 2024-2025, la couverture vaccinale contre la grippe est estimée à 53,7 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus, loin de l'objectif fixé à 75 % de couverture dans cette population. Entre 2011 et 2022, la grippe causait en moyenne 9 000 décès chaque année chez les 65 ans et plus ; la vaccination permettrait d'éviter environ 2 000 décès par an, malgré une efficacité variable selon les saisons.

Covid-19 : une dose à l'automne, parfois une seconde au printemps

La vaccination contre le Covid-19 est recommandée chaque année, à l'automne, pour les personnes âgées de 65 ans et plus. Une dose supplémentaire est recommandée au printemps pour les personnes âgées de 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge et les résidents d'Ehpad et d'unités de soins de longue durée. Un délai minimum de 3 mois doit être respecté depuis la dernière dose de vaccin ou la dernière infection.

Pneumocoque : une recommandation élargie à tous les seniors

Depuis avril 2025, la vaccination contre le pneumocoque est élargie à l'ensemble des personnes de 65 ans et plus, avec ou sans facteurs de risque, selon un schéma à dose unique. Le risque d'infection invasive à pneumocoque augmente fortement avec l'âge : il est multiplié par trois entre 50 et 59 ans, par cinq entre 70 et 79 ans, et par douze après 80 ans, par rapport aux adultes de 15 à 49 ans.

Zona : un vaccin plus efficace, encore peu utilisé

La HAS préconise la vaccination contre le zona des adultes immunocompétents de 65 ans et plus, préférentiellement avec le vaccin Shingrix, en schéma à deux doses espacées de deux mois (l'intervalle peut être porté jusqu'à six mois sans qu'il soit nécessaire de reprendre la série). La protection du Shingrix contre le zona est de 79,3 % chez les personnes immunocompétentes, contre 46 % pour l'ancien vaccin Zostavax, qui n'est plus commercialisé. En France, on observe 5 à 10 cas de zona pour 1 000 personnes âgées de 60 ans et plus par an, et les douleurs qui peuvent persister après la guérison de l'éruption, les névralgies post-zostériennes, concernent un quart des personnes de plus de 75 ans atteintes de zona. Malgré cela, la couverture vaccinale contre le zona reste estimée à 1,3 % en France.

Jeunes adultes : les rattrapages à ne pas manquer

Le calendrier vaccinal adulte ne concerne pas que les 45 ans et plus. Deux rattrapages concernent particulièrement les 18-26 ans. Le rattrapage vaccinal contre les infections à HPV par le vaccin Gardasil 9 est désormais élargi aux jeunes hommes et aux jeunes femmes qui n'auraient pas été vaccinés à l'adolescence, jusqu'à l'âge de 26 ans révolus. Pour le méningocoque de type ACWY, si la vaccination n'a pas été faite dans l'enfance, elle peut être réalisée jusqu'à 24 ans.

D'autres vaccinations sont recommandées dans des situations particulières à tout âge adulte : projet de grossesse (coqueluche, rubéole, varicelle), grossesse en cours (coqueluche entre les semaines d'aménorrhée 20 et 36, grippe, Covid-19), exposition professionnelle, ou maladie chronique. Ces recommandations spécifiques se discutent avec un médecin traitant, un pharmacien, une sage-femme ou un infirmier.

Comment savoir si vous êtes à jour et faire un rattrapage vaccinal ?

Vérifier son statut vaccinal et, le cas échéant, engager un rattrapage suit une démarche simple :

  1. Retrouver son carnet de vaccination ou son carnet de santé, ou consulter le carnet de vaccination numérique intégré à l'espace « Mon espace santé », qui liste les vaccinations réalisées et les prochaines échéances selon l'âge.
  2. Prendre rendez-vous avec son médecin traitant, un pharmacien ou un infirmier pour faire le point sur les vaccins à jour et ceux qui manquent.
  3. En cas de vaccination incomplète ou de statut inconnu, reprendre la vaccination au stade où elle a été interrompue : aucun schéma n'est à recommencer entièrement.
  4. Noter la date du prochain rendez-vous vaccinal (mémo, agenda, application) pour ne pas manquer l'échéance suivante.
  5. À chaque injection, faire noter le vaccin et sa date par le professionnel de santé, dans le carnet ou dans le carnet numérique.

Depuis 2023, les infirmiers, pharmaciens et sages-femmes peuvent prescrire des vaccins et vacciner les personnes de 11 ans et plus, ce qui élargit les possibilités de rendez-vous par rapport au seul médecin traitant.

!

Exemple concret

Michel, 66 ans, consulte son médecin traitant pour un renouvellement d'ordonnance. En vérifiant son carnet de vaccination numérique, le médecin constate que son dernier rappel dTP-coqueluche date de ses 45 ans, soit plus de 20 ans. Il lui prescrit le rappel dTcaP, une dose de vaccin contre le pneumocoque, et lui propose la vaccination contre la grippe et le zona, réalisables sur des sites d'injection différents. Michel programme deux rendez-vous chez son pharmacien pour étaler les injections, et note la date de la seconde dose de Shingrix, deux mois plus tard, dans son agenda.

Combien coûte la vaccination ? Ce qui est remboursé

La prise en charge par l'Assurance Maladie varie selon le vaccin et la situation de la personne vaccinée.

Vaccin ou acteTaux de remboursementCondition
Vaccins du calendrier général (dTP, coqueluche, HPV, hépatite B, pneumocoque, méningocoques, ROR)65 %Sur prescription médicale
Chez les 65 ans et plus : dTP, zona, pneumocoque, hépatite A, tuberculose, varicelle65 %Sur prescription médicale
Grippe saisonnière100 %Pour les personnes ciblées par les recommandations, dont les 65 ans et plus
Covid-19100 %Pour tous dès l'âge de 5 ans
Injection réalisée par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien70 %Consultation ou acte de vaccination
Injection réalisée par un infirmier60 %Sur prescription médicale

Le montant restant après remboursement de l'Assurance Maladie peut être pris en charge par une complémentaire santé (mutuelle), selon le contrat. L'injection peut aussi être prise en charge à 100 % pour les personnes en affection de longue durée, ou pour les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse. Pour comprendre plus largement ce qui reste à charge sur les soins courants, l'espace Remboursements détaille le 100 % Santé et les contrats responsables.

Où se faire vacciner ?

Plusieurs professionnels de santé peuvent réaliser une vaccination : le médecin traitant, en cabinet ou en centre de santé ; la sage-femme, notamment pour les vaccinations liées à la grossesse ; le pharmacien d'officine, pour de nombreux vaccins du calendrier chez l'adulte ; l'infirmier, sur prescription médicale. Les centres publics de vaccination, certains centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), et les centres de lutte antituberculeuse proposent également des vaccinations, parfois gratuitement.

Pour chaque rendez-vous, il est utile d'apporter sa carte Vitale, son carnet de vaccination ou de santé, et si besoin l'ordonnance ou le bon de prise en charge reçu de sa caisse d'assurance maladie. Comme pour le dépistage du cancer colorectal, certaines vaccinations font l'objet d'une invitation ou d'un bon de prise en charge automatique passé un certain âge, notamment pour la grippe chez les 65 ans et plus.

Questions fréquentes

Je ne me souviens plus de mes derniers vaccins, que faire ?

Consultez votre carnet de santé, votre carnet de vaccination papier ou le carnet de vaccination numérique intégré à Mon espace santé. À défaut, votre médecin traitant, un pharmacien ou un infirmier peut faire le point avec vous et engager un rattrapage sans reprendre le schéma vaccinal à zéro.

Le rappel dTP-coqueluche est-il obligatoire à 65 ans ?

Non, il s'agit d'une recommandation du calendrier vaccinal, pas d'une obligation légale pour la population adulte générale. Il reste toutefois le rappel le plus ancien et le mieux établi du calendrier de l'adulte.

Peut-on faire plusieurs vaccins le même jour ?

Oui, plusieurs vaccins peuvent être administrés le même jour, sur des sites d'injection différents. C'est notamment le cas pour la grippe, le Covid-19, le pneumocoque, le zona et le rappel dTP-coqueluche, sans délai minimal à respecter entre eux selon les recommandations en vigueur.

Le vaccin contre le zona est-il remboursé ?

Oui, depuis le 14 décembre 2024, le vaccin Shingrix est remboursé à 65 % par l'Assurance Maladie pour les personnes de 65 ans et plus et pour les personnes de 18 ans et plus présentant un risque accru de zona.

À partir de quel âge la vaccination contre le pneumocoque est-elle recommandée pour tous ?

Depuis avril 2025, elle est recommandée à l'ensemble des personnes de 65 ans et plus, quel que soit leur niveau de risque, selon un schéma à dose unique.

Existe-t-il un vaccin obligatoire pour tous les adultes en France ?

Non. Les onze vaccinations obligatoires concernent les nourrissons. Chez l'adulte, seules certaines situations précises (résidence en Guyane pour la fièvre jaune, pèlerinage à La Mecque pour le méningocoque, certaines professions sanitaires et médico-sociales pour la rougeole depuis 2026) sont soumises à une obligation.

Sources

Clotilde Vasseyre, rédactrice en chef. Journaliste santé, elle traduit les recommandations officielles de prévention en conseils concrets. Chaque chiffre est vérifié à la source.