Le guide
Remboursements

Reste à charge : ce que vous payez vraiment chez le médecin, et comment le calculer

Reste à charge : ce que vous payez encore après le remboursement de l'Assurance Maladie et de la mutuelle. Ticket modérateur, franchise, calcul détaillé.

Reste à charge : ce que vous payez vraiment chez le médecin, et comment le calculer

L'essentiel

  • Le reste à charge est la somme qui reste due après le remboursement de l'Assurance Maladie, puis, le cas échéant, de la mutuelle
  • Il se compose du ticket modérateur, de la participation forfaitaire de 2 euros, de la franchise médicale et des éventuels dépassements d'honoraires
  • Une mutuelle responsable rembourse le ticket modérateur mais jamais la participation forfaitaire ni la franchise médicale, qui restent toujours à votre charge
  • Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, le plafond annuel cumulé de la participation forfaitaire et de la franchise médicale est passé de 100 à 140 euros
  • Les personnes en affection de longue durée, les femmes enceintes à partir du 6ᵉ mois, les moins de 18 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sont exonérés de ces deux prélèvements

Le reste à charge, c'est la somme qui reste à payer une fois que l'Assurance Maladie, puis votre mutuelle si vous en avez une, ont versé leur part. Pour une consultation de médecin généraliste à 30 euros, il peut aller de 0 euro avec une bonne complémentaire à 11 euros sans aucune couverture. Voici comment il se calcule, poste par poste, et ce qui a changé depuis le 1ᵉʳ octobre 2026.

Reste à charge, c'est quoi exactement ?

Le reste à charge est la part d'une dépense de santé qui n'est couverte ni par l'Assurance Maladie obligatoire, ni par une complémentaire santé le cas échéant. C'est ce que le patient paie réellement de sa poche, après tous les remboursements. Selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), il existe deux couches distinctes : le reste à charge après l'Assurance Maladie obligatoire (RAC AMO), qui correspond à l'écart entre le tarif de convention et ce que rembourse la Sécurité sociale, et le reste à charge après la complémentaire santé (RAC AMC), qui subsiste une fois que la mutuelle est intervenue à son tour.

Le RAC AMO est constitué principalement du ticket modérateur, auquel s'ajoutent la participation forfaitaire et la franchise médicale. Quand un professionnel de santé facture plus que le tarif de convention (les fameux dépassements d'honoraires), cette part supplémentaire s'ajoute aussi au reste à charge. La complémentaire santé peut ensuite prendre en charge tout ou partie de ce montant selon les garanties souscrites, mais deux prélèvements échappent systématiquement à son remboursement, la participation forfaitaire et la franchise médicale : la réglementation des contrats responsables l'interdit.

Pour une vue d'ensemble des dispositifs qui réduisent ce reste à charge, la rubrique Remboursements du site regroupe nos fiches sur le sujet, dont celle sur le 100 % Santé, qui ramène le reste à charge à zéro sur une sélection de lunettes, de prothèses dentaires et d'aides auditives.

Le ticket modérateur, la première brique du reste à charge

Le ticket modérateur représente la part des dépenses qui reste à votre charge après le remboursement de l'Assurance Maladie, et avant déduction des participations forfaitaires. Il s'applique à la quasi-totalité des prestations remboursables : consultation chez un médecin, achat de médicaments prescrits, actes d'auxiliaires médicaux, examens de biologie ou de radiologie.

Son montant dépend du taux de remboursement propre à chaque acte. Pour une consultation de médecin généraliste facturée au tarif conventionnel de 30 euros, l'Assurance Maladie rembourse 70 %, soit 21 euros : le ticket modérateur s'élève donc à 9 euros. Ce taux tombe à 30 % si le patient consulte hors du parcours de soins coordonnés, c'est-à-dire sans passer par son médecin traitant : dans ce cas, sur les mêmes 30 euros, seuls 9 euros sont remboursés et le ticket modérateur grimpe à 21 euros.

Type d'acte Taux de remboursement Assurance Maladie Exemple chiffré (ameli.fr)
Consultation médecin généraliste (parcours de soins) 70 % Consultation à 30 € : 21 € remboursés, ticket modérateur de 9 €
Consultation chirurgien-dentiste 60 % Consultation à 23 € : 13,80 € remboursés
Séance d'auxiliaire médical (kinésithérapeute, infirmier) 60 % Séance à 16,58 € : 9,95 € remboursés
Médicaments à service médical rendu majeur ou important 65 % Boîte à 6 € : 3,90 € remboursés
Optique (monture et verres) 60 % Monture : base de remboursement 2,84 €, soit 1,70 € pris en charge
Hospitalisation en établissement conventionné 80 %  

Certaines situations dispensent du ticket modérateur, l'Assurance Maladie prenant alors en charge 100 % du tarif conventionnel : c'est le cas notamment pour les actes, soins et traitements en rapport avec une affection de longue durée (ALD) mentionnés sur le protocole de soins, ou pour les femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu'au douzième jour après l'accouchement.

La participation forfaitaire de 2 euros

La participation forfaitaire est une somme fixe déduite des remboursements de l'Assurance Maladie, quel que soit le montant de l'acte. Depuis le 15 mai 2024, son montant est de 2 euros. Elle s'applique à toute consultation ou tout acte réalisé par un médecin généraliste ou spécialiste, que ce soit à son cabinet, à domicile, dans un centre de soins ou aux urgences à l'hôpital, ainsi qu'aux examens de radiologie et aux analyses de biologie médicale.

Elle ne s'applique en revanche pas chez le chirurgien-dentiste, pour les soins pratiqués par une sage-femme, ni pour les actes des auxiliaires médicaux qui relèvent, eux, de la franchise médicale décrite plus bas. Si plusieurs actes ou consultations ont lieu le même jour chez le même professionnel de santé, la participation forfaitaire est retenue à chaque fois, dans la limite de 8 euros par jour pour ce professionnel.

!

La participation forfaitaire n'est jamais remboursée par la mutuelle

Selon l'Assurance Maladie, la participation forfaitaire de 2 euros n'est pas remboursée par les organismes complémentaires de santé dans le cadre des contrats dits « responsables », qui représentent la quasi-totalité des contrats de mutuelle vendus en France. Elle reste donc systématiquement à la charge du patient, même avec la meilleure des complémentaires santé.

Sont exonérés de cette participation : les enfants et les jeunes de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu'au douzième jour après l'accouchement, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ou de l'aide médicale de l'État (AME).

La franchise médicale : médicaments, soins infirmiers, transports

La franchise médicale est une autre somme déduite des remboursements de l'Assurance Maladie, distincte de la participation forfaitaire puisqu'elle porte sur d'autres postes de dépense. Selon ameli.fr, son montant est de 1 euro par boîte de médicaments (ou toute autre unité de conditionnement, comme un flacon), 1 euro par acte réalisé par un auxiliaire médical (infirmier, masseur-kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue), et 4 euros par transport sanitaire (ambulance, véhicule sanitaire léger, taxi conventionné).

Un plafond journalier limite la ponction : elle ne peut pas dépasser 4 euros par jour pour les actes paramédicaux, ni 8 euros par jour pour les transports sanitaires (un aller-retour comptant pour deux trajets, donc deux franchises). La franchise ne s'applique pas aux médicaments et actes paramédicaux dispensés au cours d'une hospitalisation, ni aux transports d'urgence déclenchés par un appel au Samu (le 15).

Comme la participation forfaitaire, la franchise médicale n'est, dans la quasi-totalité des cas, jamais prise en charge par les complémentaires santé. Les enfants et jeunes de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l'aide médicale de l'État, ainsi que les mineures pour la contraception, en sont exonérés.

Les plafonds annuels ont augmenté au 1ᵉʳ octobre 2026

Jusqu'à présent, la participation forfaitaire et la franchise médicale étaient chacune plafonnées à 50 euros par personne et par année civile, soit un maximum cumulé de 100 euros par an pour un assuré ne bénéficiant d'aucune exonération. Un décret paru au Journal officiel le 12 septembre 2026 a relevé ces deux plafonds à 70 euros chacun à compter du 1ᵉʳ octobre 2026, portant le montant total maximal à 140 euros par an, selon service-public.gouv.fr.

Les montants unitaires (2 euros par consultation, 1 euro par boîte de médicaments, 1 euro par acte paramédical, 4 euros par transport) ne changent pas : c'est uniquement le plafond annuel qui augmente. Concrètement, seuls les assurés qui atteignaient déjà l'ancien plafond de 50 euros sur l'un des deux compteurs (franchise ou participation forfaitaire) verront une différence, dans la limite du nouveau plafond de 70 euros par compteur. À partir du 1ᵉʳ janvier 2028, ces plafonds seront revalorisés chaque année en fonction de l'inflation.

Plafond annuel Avant le 1ᵉʳ octobre 2026 Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026
Franchise médicale 50 € 70 €
Participation forfaitaire 50 € 70 €
Total cumulé maximal par personne 100 € 140 €

Sont exonérés de ces deux plafonds, comme auparavant : les enfants et jeunes de moins de 18 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et jusqu'au douzième jour après l'accouchement, les mineures pour la contraception d'urgence sans consentement parental, et les victimes d'un acte de terrorisme pour les frais liés à cet événement.

Dépassements d'honoraires et forfaits spécifiques

Au-delà du ticket modérateur, de la participation forfaitaire et de la franchise médicale, deux autres éléments peuvent alourdir le reste à charge. D'une part, les dépassements d'honoraires : certains médecins, notamment en secteur 2, sont libres de facturer au-dessus du tarif conventionnel. La complémentaire santé peut, selon le contrat souscrit, prendre en charge tout ou partie de ce dépassement, mais un contrat responsable n'y est pas obligé au-delà de certains plafonds.

D'autre part, des forfaits remplacent le ticket modérateur pour certains actes précis. Pour les actes médicaux dits « lourds », dont le tarif est égal ou supérieur à 120 euros, le ticket modérateur classique est remplacé par un forfait plafonné à 32 euros, à régler directement au professionnel ou à l'établissement. Un passage aux urgences non suivi d'une hospitalisation donne lieu à un forfait patient urgences, réduit pour les personnes en affection de longue durée. Enfin, une hospitalisation complète entraîne un forfait journalier hospitalier, dont le montant est distinct et sert à couvrir les frais d'hébergement.

Le 100 % Santé permet de supprimer entièrement le reste à charge sur une sélection d'équipements en optique, en dentaire et en audiologie, à condition de disposer d'un contrat de complémentaire santé responsable ou de la Complémentaire santé solidaire.

Exemple concret : Sophie, 54 ans, calcule son reste à charge

Sophie consulte son médecin traitant généraliste, en secteur 1, pour un renouvellement d'ordonnance. La consultation est facturée 30 euros, le tarif conventionnel en vigueur. L'Assurance Maladie rembourse 70 % de cette somme, soit 21 euros, puis retient la participation forfaitaire de 2 euros : Sophie reçoit donc 19 euros de la Sécurité sociale. Sans mutuelle, son reste à charge s'élève à 11 euros (30 euros moins 19 euros remboursés).

Avec une mutuelle responsable qui couvre 100 % du tarif conventionnel, la complémentaire rembourse le ticket modérateur restant, soit 9 euros (30 euros moins les 21 euros pris en charge par l'Assurance Maladie). Le reste à charge final de Sophie tombe alors à 2 euros, correspondant uniquement à la participation forfaitaire, qu'aucune mutuelle ne peut lui rembourser. Si son médecin lui prescrit ensuite une boîte de médicaments remboursée à 65 % sur une base de 10 euros, l'Assurance Maladie lui verse 6,50 euros, dont il faut soustraire 1 euro de franchise médicale, soit 5,50 euros au final.

Comment limiter son reste à charge

Plusieurs leviers permettent de réduire concrètement le montant qui reste à payer :

  1. Déclarer un médecin traitant et respecter le parcours de soins coordonnés : le taux de remboursement passe de 30 % à 70 % pour une consultation de médecin généraliste hors parcours mal orienté.
  2. Souscrire une complémentaire santé responsable, qui prend obligatoirement en charge le ticket modérateur sur les soins de ville et les hospitalisations, ainsi que le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée.
  3. Vérifier son éligibilité à la Complémentaire santé solidaire, qui dispense de la participation forfaitaire, de la franchise médicale et de nombreux forfaits, sans avance de frais.
  4. Privilégier, quand c'est possible, les équipements du panier 100 % Santé en optique, en dentaire et en audiologie, pour ramener le reste à charge à zéro sur ces postes.
  5. Suivre ses relevés de remboursement sur le compte ameli, qui détaillent chaque prélèvement (ticket modérateur, participation forfaitaire, franchise) et permettent de vérifier qu'aucun plafond n'est dépassé.

Le bilan de prévention gratuit, accessible à quatre âges clés de la vie, est aussi l'occasion de faire le point sur son suivi médical avant que des soins plus coûteux ne deviennent nécessaires : voir notre guide Mon bilan prévention : à quels âges, comment le prendre, ce qu'on y fait.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre reste à charge et ticket modérateur ?

Le ticket modérateur n'est qu'une composante du reste à charge. Le reste à charge regroupe le ticket modérateur, la participation forfaitaire, la franchise médicale et les éventuels dépassements d'honoraires : c'est le total réellement payé par le patient une fois tous les remboursements effectués.

Ma mutuelle rembourse-t-elle la participation forfaitaire et la franchise médicale ?

Non. Selon l'Assurance Maladie, ces deux sommes ne sont pas remboursables par les organismes complémentaires dans le cadre des contrats responsables, qui représentent la quasi-totalité des contrats vendus. Elles restent systématiquement à votre charge, quelle que soit la qualité de votre mutuelle.

Qui est exonéré de la participation forfaitaire et de la franchise médicale ?

Les enfants et jeunes de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse jusqu'au douzième jour après l'accouchement, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l'aide médicale de l'État, ainsi que les mineures pour la contraception d'urgence sans consentement parental.

Combien puis-je payer au maximum par an au titre des franchises et participations forfaitaires ?

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, le plafond annuel cumulé est de 140 euros par personne, contre 100 euros auparavant : 70 euros au titre de la franchise médicale et 70 euros au titre de la participation forfaitaire, chaque compteur étant indépendant de l'autre.

Le reste à charge est-il le même si je consulte hors du parcours de soins coordonnés ?

Non, il est plus élevé. Sans médecin traitant désigné ou en consultant un spécialiste sans être orienté par lui, le taux de remboursement de l'Assurance Maladie chute, par exemple de 70 % à 30 % pour une consultation de médecin généraliste, ce qui augmente d'autant le ticket modérateur à votre charge.

Existe-t-il des situations où le reste à charge est nul ?

Oui, notamment sur les équipements du panier 100 % Santé en optique, en dentaire et en audiologie, avec un contrat de complémentaire santé responsable ou la Complémentaire santé solidaire. La participation forfaitaire et la franchise médicale restent toutefois dues même dans ces situations, sauf exonération spécifique.

Tous nos dossiers de prévention santé sont réunis sur la page d'accueil.

Clotilde Vasseyre, rédactrice en chef. Journaliste santé, elle traduit les recommandations officielles de prévention en conseils concrets. Chaque chiffre est vérifié à la source.