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Dépistages & bilans

Mon bilan prévention : à quels âges, comment le prendre, ce qu'on y fait

Le bilan de prévention gratuit s'adresse à 4 tranches d'âge. Découvrez comment le prendre, ce qui s'y passe et ce qui est remboursé à 100 %.

Mon bilan prévention : à quels âges, comment le prendre, ce qu'on y fait

L'essentiel

  • Le bilan de prévention gratuit concerne 4 tranches d'âge précises : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans
  • Un seul bilan par tranche d'âge, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie sans avance de frais
  • La démarche en 4 étapes : auto-questionnaire facultatif, rendez-vous, repérage des risques, plan personnalisé
  • Médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme ou kinésithérapeute (à partir d'octobre 2026) peuvent le réaliser

Mon bilan prévention est un rendez-vous de santé gratuit proposé à quatre âges clés de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Il permet de faire le point sur ses habitudes de vie avec un professionnel de santé et de repartir avec un plan d'actions concret, le tout intégralement pris en charge par l'Assurance Maladie.

À quels âges a-t-on droit au bilan de prévention ?

Le dispositif cible quatre tranches d'âge définies par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023. Chaque personne peut bénéficier d'un seul bilan par tranche d'âge :

  • entre 18 et 25 ans
  • entre 45 et 50 ans
  • entre 60 et 65 ans
  • entre 70 et 75 ans

Ces âges correspondent à des moments charnières : entrée dans la vie adulte, mi-vie professionnelle, approche de la retraite et grand âge. L'Assurance Maladie envoie un courriel d'invitation aux assurés concernés lorsqu'ils entrent dans la tranche d'âge. Pour une vue d'ensemble des rendez-vous de santé à chaque âge, consultez la page Dépistages & bilans.

Comment prendre rendez-vous pour son bilan prévention ?

La démarche se fait en quatre temps :

  1. Vous recevez l'invitation de l'Assurance Maladie (ou vous prenez l'initiative si vous êtes dans la tranche d'âge).
  2. Vous choisissez un professionnel de santé habilité près de chez vous via l'annuaire sur sante.fr.
  3. Vous prenez rendez-vous directement auprès du cabinet, de la pharmacie ou du centre de santé.
  4. En amont, vous pouvez remplir l'auto-questionnaire sur Mon Espace Santé (facultatif mais recommandé).

Le rendez-vous dure 30 à 45 minutes. Apportez votre carte Vitale, votre carnet de vaccination, vos derniers résultats d'analyses et l'auto-questionnaire si vous l'avez imprimé.

Comment se déroule le bilan : les 4 étapes

Le bilan suit un protocole national structuré en quatre séquences. Chaque étape a un objectif précis et utilise des outils validés par le ministère de la Santé :

1. Le remplissage de l'auto-questionnaire (facultatif)

Sur Mon Espace Santé ou en version papier, ce questionnaire aborde votre situation personnelle, vos antécédents, votre alimentation, votre activité physique, vos addictions, votre santé mentale, vos vaccinations et vos dépistages. Il prend 5 à 10 minutes. Les questions portent sur votre logement, votre travail, votre entourage, vos habitudes de sommeil, votre consommation d'alcool, de tabac, de cannabis, votre activité physique, vos douleurs chroniques, votre santé bucco-dentaire, votre vie affective et sexuelle. Si vous ne l'avez pas fait, le professionnel peut vous aider à le compléter sur place. L'auto-questionnaire existe en version adaptée pour chaque tranche d'âge (18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans, 70-75 ans).

2. Le repérage des risques et la décision partagée

Le professionnel échange avec vous sur vos habitudes de vie. Ensemble, vous identifiez un ou deux sujets prioritaires à travailler. Cette discussion s'appuie sur des fiches d'aide au repérage adaptées à chaque tranche d'âge. Ces fiches listent les points de vigilance : pour les 18-25 ans, santé mentale et addictions ; pour les 45-50 ans, facteurs de risque cardiovasculaire et dépistages ; pour les 60-65 et 70-75 ans, fragilité, dénutrition, isolement. La décision partagée signifie que vous choisissez avec le professionnel les thèmes sur lesquels vous voulez agir, en fonction de ce qui vous semble le plus important et le plus faisable.

3. L'intervention brève ou l'entretien motivationnel

Sur les sujets choisis, le professionnel utilise des techniques d'entretien motivationnel pour renforcer votre envie de changer. Il ne s'agit pas de vous dire ce qu'il faut faire, mais de vous aider à trouver vos propres raisons de changer. Le professionnel vous donne des repères chiffrés et des conseils adaptés à votre âge : par exemple, les recommandations d'activité physique (30 minutes de marche rapide 5 fois par semaine), les repères de consommation d'alcool (pas plus de 10 verres par semaine, pas plus de 2 verres par jour, pas tous les jours), les signes d'alerte pour la santé mentale. Une plateforme de e-learning de l'EHESP propose des modules de formation aux professionnels sur ces techniques.

4. La rédaction du plan personnalisé de prévention (PPP)

Vous co-rédigez avec le professionnel un document qui fixe vos objectifs prioritaires, les freins identifiés, des actions concrètes à mettre en place à votre rythme et les ressources vers lesquelles vous orienter (associations sportives, consultations spécialisées, services d'aide à distance). Le PPP utilise un modèle officiel différent pour chaque tranche d'âge. Il précise : l'objectif (ex. « marcher 30 min par jour »), l'action concrète (ex. « prendre le bus un arrêt plus loin »), la fréquence, la durée, les ressources (ex. « association Marche Nordique du quartier, mardi 18h »), et la date de point d'étape. Le PPP n'est pas une ordonnance : c'est un contrat moral entre vous et le professionnel.

Étape Durée Acteur Outil
Auto-questionnaire 5-10 min Vous (seul ou aidé) Mon Espace Santé ou papier
Repérage risques + priorisation 10-15 min Professionnel + vous Fiche d'aide au repérage
Entretien motivationnel 10-15 min Professionnel Guide thématique
Rédaction PPP 5-10 min Professionnel + vous Modèle PPP par tranche d'âge

Quels professionnels peuvent le réaliser ?

Cinq professions de santé sont habilitées à pratiquer le bilan, à condition de s'être portées volontaires auprès de l'Assurance Maladie :

  • médecins (généralistes ou spécialistes)
  • infirmiers (infirmiers diplômés d'État, infirmiers de pratique avancée)
  • pharmaciens d'officine
  • sages-femmes
  • masseurs-kinésithérapeutes (à partir d'octobre 2026)

Tous sont rémunérés 30 euros par l'Assurance Maladie pour cet acte. Vous pouvez choisir n'importe quel professionnel volontaire, pas nécessairement votre médecin traitant. Pour savoir qui participe près de chez vous, l'annuaire national sur sante.fr permet de filtrer par profession et par commune. Les professionnels signalent leur participation sur l'espace réservé de Santé.fr muni de leur carte CPS ou e-CPS. Aucune formation complémentaire n'est obligatoire pour réaliser le bilan, mais une plateforme de formation en ligne de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) propose aux professionnels des modules facultatifs sur l'entretien motivationnel, les fiches de repérage par âge, la rédaction du PPP et la facturation.

Que contient le plan personnalisé de prévention ?

Le PPP est le document remis à la fin du bilan. Il synthétise :

  • vos objectifs de santé prioritaires (ex. : « marcher 30 minutes par jour », « réduire ma consommation d'alcool »)
  • les freins que vous avez identifiés (manque de temps, fatigue, entourage peu favorable, douleurs articulaires)
  • des actions concrètes et progressives adaptées à votre quotidien (ex. : « descendre du bus un arrêt avant, 3 fois par semaine »)
  • les professionnels ou structures vers lesquels vous êtes orienté (médecin traitant, diététicien, association de marche, tabacologue, service d'aide à distance comme Tabac Info Service ou Alcool Info Service)

Le PPP est intégré dans votre Dossier Médical Partagé (DMP) et transmis à votre médecin traitant pour assurer le suivi. Si le professionnel qui a fait le bilan n'est pas votre médecin traitant, il lui envoie le plan et la fiche de repérage par messagerie sécurisée ou via le DMP. Le médecin traitant reste le pivot du parcours : il suit l'avancement du plan, l'ajuste si besoin, et oriente vers des consultations de second recours (cardiologue, psychologue, addictologue) si le bilan a mis en évidence une pathologie nécessitant une prise en charge spécialisée. Le PPP n'a pas de durée légale de validité, mais un point d'étape est suggéré à 3 ou 6 mois selon les objectifs.

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En cas de pathologie suspectée

Si le bilan révèle un problème de santé non suivi (hypertension découverte, anomalie à l'examen), le professionnel vous oriente vers une consultation médicale classique pour poser un diagnostic. Le bilan de prévention ne remplace pas une consultation de soin.

Quels thèmes selon votre tranche d'âge ?

Les priorités de dépistage et de prévention changent selon l'âge. Les fiches officielles guident le professionnel :

18-25 ans : santé mentale, addictions, santé sexuelle

Repérage de l'anxiété, de la dépression, des conduites à risque (alcool, cannabis, écrans), information sur la contraception, les IST, le consentement, la vaccination HPV. Le questionnaire aborde aussi le sommeil, l'alimentation, l'activité physique, le harcèlement, les violences. Le professionnel peut orienter vers Fil Santé Jeunes (0 800 235 236), les centres de planification, les consultations jeunes consommateurs.

45-50 ans : dépistages organisés, maladies cardiovasculaires, diabète

Vérification de la tension, du cholestérol, de la glycémie, rappel vaccinal coqueluche, ménopause. Le dépistage organisé du cancer colorectal (test immunologique tous les 2 ans) et celui du cancer du sein (mammographie tous les 2 ans pour les femmes) débutent à 50 ans : le bilan est l'occasion de préparer cette échéance et de vérifier que vous êtes à jour dans les dépistages qui vous concernent déjà. Pour en savoir plus sur le test colorectal, lire notre guide Dépistage cancer colorectal : à quel âge, comment faire le test, quoi faire du résultat. Le professionnel évalue aussi le risque cardiovasculaire global (score SCORE2), l'apport en sel, la sédentarité, le sommeil.

60-65 ans et 70-75 ans : fragilités, autonomie, vaccinations

Repérage de la dénutrition, de la sarcopénie, des troubles de l'équilibre, de la mémoire, de l'isolement social. Vaccins grippe, Covid, zona, pneumocoque. Dépistages cancers maintenus jusqu'à 74-75 ans selon les programmes. Le professionnel utilise l'échelle ICOPE (OMS) pour évaluer les capacités intrinsèques : locomotion, cognition, nutrition, vision, audition, psychologie. Il peut orienter vers les ateliers « Bien vieillir », les maisons sport-santé, les DAC (Dispositifs d'Appui à la Coordination).

Combien ça coûte et comment est-ce remboursé ?

Le bilan de prévention est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais (tiers payant intégral). Vous n'avez rien à payer le jour du rendez-vous. Cette gratuité s'applique à tous les assurés sociaux, quel que soit leur régime (général, MSA, régimes spéciaux).

Seule la consultation médicale éventuelle qui suivrait (si une pathologie est suspectée) relève du parcours de soins classique avec remboursement au taux habituel. Les actes de prévention ou de diagnostic identifiés pendant le bilan (vaccination, frottis cervico-utérin, électrocardiogramme, remise kit colorectal) peuvent être facturés en sus une seule fois par bilan, selon la nomenclature en vigueur. Par exemple, si le médecin fait un frottis lors du bilan, il facture l'acte JKHD001 en plus du bilan ; si le pharmacien remet un kit de dépistage colorectal, il facture le code RKD. Ces actes sont remboursés dans les conditions de droit commun (ticket modérateur selon votre couverture complémentaire).

Le professionnel perçoit 30 euros pour le bilan lui-même, versés directement par l'Assurance Maladie. Aucun honoraire ne vous est demandé.

Exemple concret : Marie, 47 ans, fait son bilan

Marie reçoit le courriel de l'Assurance Maladie pour sa tranche 45-50 ans. Elle consulte l'annuaire sur sante.fr, repère une pharmacienne volontaire à 5 minutes de chez elle et prend rendez-vous en ligne. La veille, elle remplit l'auto-questionnaire sur Mon Espace Santé : elle signale une activité physique insuffisante, un sommeil irrégulier et une vaccination coqueluche pas à jour.

Le jour J, la pharmacienne accueille Marie pendant 40 minutes. Elles passent ensemble sur les réponses. Marie choisit de prioriser le sommeil et l'activité physique. La pharmacienne lui propose un programme progressif de marche, lui remet une fiche sur l'hygiène du sommeil et vérifie son statut vaccinal. Elle lui explique aussi qu'à ses 50 ans, elle recevra l'invitation au dépistage du cancer colorectal et du cancer du sein. Ensemble, elles rédigent le PPP : objectif « 3 séances de marche de 20 min par semaine d'ici un mois », action « descendre du bus un arrêt avant le matin », frein « fatigue le soir », ressource « association Marche Nordique du quartier, mardi 18h », point d'étape « dans 6 semaines ». Le plan est envoyé au médecin traitant de Marie via le DMP. Marie repart avec son PPP imprimé, le lien vers le site de l'association et une ordonnance pour le rappel coqueluche.

Questions fréquentes

Puis-je faire mon bilan si je n'ai pas reçu l'invitation ?

Oui. L'invitation est un rappel, pas une condition. Si vous êtes dans l'une des quatre tranches d'âge et n'avez pas encore fait votre bilan pour cette tranche, vous pouvez prendre rendez-vous directement avec un professionnel volontaire.

Le bilan est-il obligatoire ?

Non. C'est une démarche volontaire. Vous êtes libre de le faire ou non, et de choisir le professionnel qui vous convient.

Que se passe-t-il si j'ai déjà un médecin traitant ?

Vous pouvez faire le bilan avec votre médecin traitant s'il est volontaire. S'il ne l'est pas, ou si vous préférez un autre professionnel (infirmier, pharmacien...), le PPP et la fiche de repérage lui seront transmis pour qu'il assure le suivi.

Puis-je refaire un bilan dans la même tranche d'âge ?

Non. Un seul bilan de prévention est autorisé par tranche d'âge. Si vous avez déjà bénéficié du dispositif entre 45 et 50 ans, vous devrez attendre la tranche 60-65 ans pour le suivant.

L'auto-questionnaire est-il obligatoire ?

Non. Il est facultatif mais fortement recommandé pour gagner du temps lors du rendez-vous et cibler les priorités. Vous pouvez aussi le remplir avec le professionnel le jour du bilan.

Mon bilan prévention remplace-t-il les dépistages organisés ?

Non. Le bilan est un temps d'échange global sur vos habitudes de vie. Les dépistages organisés (cancer colorectal, sein, col de l'utérus) suivent leur propre calendrier et leur propre invitation. Le bilan peut vous rappeler de les faire, mais ne les réalise pas à votre place.

Clotilde Vasseyre, rédactrice en chef. Journaliste santé, elle traduit les recommandations officielles de prévention en conseils concrets. Chaque chiffre est vérifié à la source.