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Dépistages & bilans

Dépistage du cancer du sein : à quel âge, tous les combien, et comment ça se passe

Le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, tous les 2 ans. Âge, démarche pas à pas, mammographie, résultats, remboursement.

Dépistage du cancer du sein : à quel âge, tous les combien, et comment ça se passe

L'essentiel

  • Le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni facteur de risque particulier, avec une mammographie de dépistage tous les 2 ans
  • Une invitation est envoyée par l'Assurance Maladie tous les 2 ans, avec une première relance à 6 mois puis une seconde 6 mois plus tard
  • La mammographie et l'examen clinique des seins sont pris en charge à 100 % sans avance de frais
  • Toute mammographie jugée normale fait l'objet d'une seconde lecture, qui détecte environ 6 % des cancers repérés par le programme
  • Avant 50 ans et après 74 ans, le dépistage systématique n'est pas recommandé mais peut être individualisé selon le niveau de risque

Le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier. Tous les 2 ans, l'Assurance Maladie envoie une invitation pour réaliser une mammographie de dépistage et un examen clinique des seins, pris en charge à 100 % sans avance de frais. Voici l'âge exact, la fréquence, la démarche pas à pas et ce qui se passe en cas de résultat positif.

Qui est concerné par le dépistage du cancer du sein ?

Le programme national de dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans, asymptomatiques et sans facteur de risque particulier autre que leur âge. C'est cette tranche d'âge, dite à « risque moyen », qui est ciblée par le programme national de dépistage organisé du cancer du sein (PNDOCS), généralisé à tout le territoire français en 2004.

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme et le plus meurtrier : 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023 et 12 757 décès ont été recensés en 2022, selon l'Institut national du cancer. Une femme sur 8 développe un cancer du sein au cours de sa vie, et c'est entre 50 et 74 ans que le risque est le plus élevé. Détecté tôt, ce cancer guérit dans 9 cas sur 10.

Avant 50 ans et après 74 ans, en l'absence de facteur de risque particulier, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande de ne pas proposer de dépistage systématique par mammographie. Après 74 ans, le dépistage n'est pas abandonné pour autant : il devient individualisé, à discuter avec son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme. Pour une vue d'ensemble des rendez-vous de prévention proposés à chaque âge de la vie, la page Dépistages & bilans regroupe l'ensemble des programmes nationaux.

Pourquoi une mammographie de dépistage tous les 2 ans entre 50 et 74 ans ?

Ces bornes d'âge, 50 à 74 ans, et cette fréquence de 2 ans ont été définies en tenant compte des bénéfices et des limites d'un dépistage du cancer du sein réalisé à intervalle régulier. Près de 80 % des cancers du sein se développent après 50 ans : c'est la raison pour laquelle le dépistage organisé du sein cible cette tranche d'âge plutôt qu'un dépistage plus précoce et plus rapproché.

Dans le cadre du programme, 60 % des cancers du sein sont aujourd'hui dépistés à un stade précoce, contre 7,3 % détectés à un stade métastatique. Plus un cancer du sein est repéré tôt, plus il se soigne facilement, avec des traitements souvent moins lourds et une survie nette à 5 ans estimée à 88 %. La mortalité liée à ce cancer a diminué en moyenne de 1,2 % par an entre 2012 et 2022, une baisse liée en partie aux progrès thérapeutiques et à la précocité des diagnostics.

Le dépistage organisé coexiste avec le dépistage dit « individuel » : une mammographie prescrite par un médecin en dehors du programme national. La participation au programme organisé offre toutefois des garanties de qualité supplémentaires, à commencer par la double lecture des clichés, détaillée plus loin.

Comment recevoir son invitation et prendre rendez-vous ?

La démarche se déroule en plusieurs étapes, encadrées depuis le 16 janvier 2024 par un cahier des charges publié au Journal officiel :

  1. Tous les 2 ans, un courrier, mail ou SMS d'invitation personnalisé est adressé aux femmes de 50 à 74 ans par leur CPAM de rattachement. L'invitation est également consultable dans le compte ameli, où elle est conservée 6 mois avant d'être supprimée automatiquement.
  2. Une première relance est envoyée 6 mois après la première invitation si la mammographie n'a pas été réalisée. Une seconde relance intervient 6 mois plus tard, désormais dématérialisée dans le compte ameli pour les assurées qui en disposent.
  3. La femme invitée choisit un radiologue agréé, soit sur la liste jointe au courrier d'invitation (actualisée tous les 6 mois), soit via l'annuaire en ligne dédié, et prend rendez-vous directement.
  4. Si l'invitation a été perdue ou n'a pas été reçue, la CPAM (ou la MSA) peut la rééditer sur simple demande, au 36 46 ou depuis le compte ameli. Depuis le 15 octobre 2025, le médecin traitant peut lui aussi réimprimer le bon de prise en charge depuis amelipro.
  5. Le jour du rendez-vous, il faut présenter le bon de prise en charge (ou l'invitation), la carte Vitale et, si elles existent, les mammographies précédentes.

Une femme qui n'a pas ou plus reçu son invitation peut aussi se faire prescrire une mammographie de dépistage organisé par son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme, en s'adressant ensuite à sa CPAM pour régulariser son dossier.

Comment se déroule la mammographie de dépistage ?

L'examen associe une mammographie (une radiographie des seins à faible dose de rayons X) et un examen clinique des seins par le radiologue. Il est réalisé dans un cabinet de radiologie, un service d'imagerie d'un hôpital ou d'une clinique.

Quelques repères pour bien se préparer :

  • Si les règles ne sont pas terminées (avant la ménopause), il est conseillé de passer l'examen dans les quinze jours qui suivent leur début, période où les seins sont moins sensibles.
  • Le jour du rendez-vous, éviter crème, poudre, parfum ou déodorant sous les aisselles et sur les seins, qui peuvent gêner l'interprétation des clichés.
  • S'habiller de façon à pouvoir retirer seulement le haut, et retirer les bijoux avant l'examen.
  • Apporter les clichés et comptes rendus d'examens mammaires déjà réalisés, pour permettre au radiologue de comparer les images.

Le radiologue interroge d'abord la patiente sur ses antécédents médicaux et sa situation (ménopause, traitement hormonal en cours). Chaque sein est ensuite posé sur une plaque du mammographe : une seconde plaque vient le comprimer de haut en bas, ce qui garantit une bonne qualité d'image et une irradiation moindre. La compression n'est pas douloureuse mais peut être désagréable ; elle dure moins d'une minute. Deux clichés sont réalisés par sein, de face et de manière oblique. Le radiologue examine ensuite les seins (peau, mamelons) et les palpe, ainsi que les aisselles, à la recherche d'une éventuelle anomalie.

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À savoir

Le dépistage organisé bénéficie d'une double lecture : si les clichés sont jugés normaux, ils sont systématiquement relus par un second radiologue expert, indépendant du premier. Cette seconde lecture permet de repérer environ 6 % des cancers détectés dans le cadre du programme. Les radiologues participants doivent lire au moins 500 mammographies par an, et ceux assurant la seconde lecture au moins 1 500 par an, une exigence de qualité propre au programme organisé.

Comprendre les résultats : délai, seconde lecture, anomalie

Dans la majorité des cas, environ 91 fois sur 100, aucune anomalie n'est détectée lors de l'examen. Les résultats définitifs, accompagnés des clichés, sont adressés à la patiente dans un délai d'environ 15 jours, et peuvent également être transmis au médecin traitant ou au gynécologue si la patiente le souhaite.

Lorsqu'une anomalie est décelée, le radiologue « premier lecteur » réalise immédiatement un bilan diagnostique complémentaire (nouveaux clichés, échographie) pour raccourcir le délai avant une éventuelle prise en charge et éviter une attente angoissante. Un résultat qui nécessite des examens complémentaires ne signifie pas la présence d'un cancer : seule une biopsie, suivie d'une analyse des tissus prélevés, permet de le confirmer ou de l'écarter.

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Exemple concret

Sophie, 52 ans, reçoit son invitation par courrier. Elle prend rendez-vous chez un radiologue agréé de la liste jointe à l'invitation. Le jour de l'examen, elle présente son bon de prise en charge et sa carte Vitale : elle n'a rien à régler. Deux semaines plus tard, elle reçoit son résultat par courrier, accompagné des clichés : la mammographie est normale, elle a bénéficié d'une seconde lecture par un autre radiologue. Sophie recevra une nouvelle invitation dans 2 ans.

Combien coûte le dépistage ? La prise en charge

Dans le cadre du dépistage organisé, la mammographie et l'examen clinique des seins sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Il suffit de présenter le bon de prise en charge joint à l'invitation. Si un examen complémentaire est nécessaire, comme une échographie mammaire, il est remboursé dans les conditions habituelles, à hauteur de 70 % sur la base du tarif conventionné ; le reste est pris en charge par la complémentaire santé le cas échéant. Les personnes bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ou de l'aide médicale de l'État n'ont pas de frais à avancer.

Professionnel de santéRôle dans le dépistageReste après remboursement Sécurité sociale
Radiologue agrééRéalise la mammographie et l'examen clinique des seinsAucun (examen pris en charge à 100 %)
Médecin généraliste (secteur 1)Informe, oriente, prescrit une mammographie hors invitationConsultation à 26,50 €, remboursée 18,55 €
GynécologueOriente vers un radiologue, commente les résultatsConsultation à 32 €, remboursée 22,40 €
Sage-femmeRéalise l'examen clinique des seins, oriente vers un radiologueConsultation à 23 €, remboursée à 70 %

Pour comprendre plus largement ce qui reste à charge sur les autres soins courants, l'espace Remboursements détaille le 100 % Santé, le reste à charge et les contrats responsables.

Femmes à risque élevé ou très élevé : un suivi différent

Le programme de dépistage organisé cible les femmes à risque moyen. D'autres modalités, définies par la Haute Autorité de santé, s'appliquent aux femmes présentant un niveau de risque plus élevé.

Sont considérées à risque élevé les femmes ayant un antécédent personnel de cancer du sein, une image anormale lors de leur dernière mammographie, une néoplasie lobulaire ou une hyperplasie épithéliale atypique. Leur suivi comprend, en plus d'un examen clinique des seins au moins une fois par an, une mammographie annuelle, suivie ou non d'une échographie.

Sont considérées à risque très élevé les femmes porteuses d'une mutation génétique de type BRCA1 ou BRCA2, ou dont la famille proche (mère, sœur, enfant) compte plusieurs cas de cancer du sein ou de l'ovaire ; entre 2 et 5 % des cancers du sein sont d'origine génétique. Leur suivi comprend une surveillance clinique des seins tous les 6 mois dès 20 ans, puis un suivi annuel par IRM et mammographie, avec échographie complémentaire en cas de seins denses, dès 30 ans. Une consultation d'oncogénétique permet d'évaluer précisément ce niveau de risque à partir de l'histoire familiale.

Les personnes à haut risque de cancer du sein bénéficient d'une exonération du ticket modérateur pour les examens de dépistage spécifique recommandés dans leur situation. Toute femme concernée par l'une de ces situations doit en parler à son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme, qui l'orientera vers la modalité de suivi adaptée.

Réduire son risque et repérer les signes d'alerte

Aucune mesure ne supprime le risque de cancer du sein, mais certains facteurs l'augmentent : l'âge, la consommation d'alcool et de tabac, le surpoids, la sédentarité, ainsi que les antécédents personnels ou familiaux. À l'inverse, une puberté tardive, une grossesse avant 25 ans, un allaitement d'au moins 6 mois ou une ménopause précoce sont associés à un risque plus faible. L'Assurance Maladie recommande, pour réduire son risque au quotidien, d'arrêter de fumer, de ne pas dépasser 2 verres d'alcool par jour (et pas tous les jours), de manger équilibré et de pratiquer une activité physique régulière.

En dehors des rendez-vous de dépistage, il est recommandé de faire examiner ses seins (observation et palpation) une fois par an à partir de 25 ans, par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Entre deux mammographies, certains changements doivent amener à consulter sans attendre : l'apparition d'une boule ou d'une grosseur dans le sein ou sous un bras, une modification de la peau (rétraction, rougeur, œdème, aspect de peau d'orange), une modification du mamelon ou de l'aréole (rétraction, écoulement, changement de coloration), ou un changement dans la forme des seins.

Où en est la participation au dépistage en France ?

Selon Santé publique France, le taux standardisé de participation de la population cible au programme national de dépistage organisé du cancer du sein s'établit à 45,6 % pour la période 2024-2025 (43,9 % en 2024, 47,4 % en 2025), contre 46,6 % pour la période 2022-2023. Ce taux reste inférieur à l'objectif européen recommandé, fixé à 70 % de la population cible, condition jugée nécessaire pour obtenir une réduction significative de la mortalité au niveau populationnel. Sur la période 2024-2025, 4,9 millions de femmes ont réalisé une mammographie de dépistage dans le cadre du programme.

Comme pour le dépistage du cancer colorectal, ce taux varie fortement d'une région à l'autre en France. Pour situer son propre suivi de prévention dans une trajectoire plus large, la page Mon bilan prévention détaille les rendez-vous de santé gratuits proposés à d'autres âges clés de la vie.

Questions fréquentes

À quel âge commence le dépistage organisé du cancer du sein ?

Le dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, invitées tous les 2 ans par l'Assurance Maladie. Avant 50 ans, il n'est pour l'instant pas recommandé en l'absence de facteur de risque particulier ; en cas d'antécédent personnel ou familial, un suivi individualisé peut démarrer plus tôt, sur avis médical.

Je n'ai pas reçu d'invitation alors que j'ai entre 50 et 74 ans, que faire ?

Contactez votre CPAM au 36 46 ou depuis votre compte ameli pour obtenir une nouvelle invitation, ou parlez-en à votre médecin traitant, qui peut désormais réimprimer le bon de prise en charge depuis amelipro.

Faut-il une ordonnance pour faire une mammographie de dépistage organisé ?

Non, l'invitation de l'Assurance Maladie suffit pour se rendre chez un radiologue agréé. Une ordonnance n'est nécessaire que si la mammographie est prescrite en dehors du programme organisé.

Combien de temps pour recevoir le résultat d'une mammographie de dépistage ?

Le résultat, accompagné des clichés, est en général adressé dans un délai d'environ 15 jours. En cas d'anomalie, le radiologue réalise immédiatement un bilan diagnostique complémentaire pour raccourcir le délai de prise en charge.

Un résultat positif signifie-t-il un cancer du sein ?

Non. Un résultat qui nécessite des examens complémentaires (échographie, IRM, biopsie) ne veut pas dire qu'il y a un cancer. Seule une biopsie suivie d'une analyse des tissus prélevés permet de le confirmer ou de l'écarter.

Le dépistage s'arrête-t-il à 74 ans ?

L'invitation systématique s'arrête à 74 ans, mais le dépistage n'est pas abandonné : au-delà, il devient individualisé et se discute avec son médecin traitant, son gynécologue ou sa sage-femme selon l'état de santé général.

Sources

Clotilde Vasseyre, rédactrice en chef. Journaliste santé, elle traduit les recommandations officielles de prévention en conseils concrets. Chaque chiffre est vérifié à la source.